Entretien du 8 décembre 2012 : « Guerre fratricide à l’UMP »

Nos politiciens, de droite comme de gauche, donnent le mauvais exemple. Ils jettent un sérieux discrédit sur les institutions.

– Question d’un lecteur :

Que pensez vous de la guerre fratricide que se livrent les deux leaders actuels de l’UMP et de l’accumulation incroyable d’erreurs, d’oublis et d’irrégularités au niveau du scrutin ?

– Réponse de Philippe Morando :

Tout d’abord, je tiens à vous dire que je ne prends partie pour personne, pour aucune formation politique quelle qu’elle soit. Mon but est  de signaler les dysfonctionnements au sein de notre société, afin de trouver des solutions justes et équitables pour chacun.

Ce que l’on peut déplorer dans cette affaire, c’est la violence de l’affrontement au sein même d’un parti politique. Les valeurs auxquelles j’adhère et qui font partie de mon enseignement  incitent tout citoyen, à vivre dans le respect de lui-même et dans le respect des autres. La recherche du dialogue et du compromis, sans compromission, pour maintenir des relations pacifiques, sans violence et sans destruction de l’autre, est fondamentale. Comment peut-on vouloir diriger un parti ou un gouvernement, sur la base d’un scrutin aussi douteux (oubli pur et simple de plusieurs départements dans les décomptes des voix, bourrage d’urnes, non respect des procédures au moment du vote…) ? Tout cela jette un sérieux discrédit sur les institutions et sur ceux qui nous gouvernent. Comment dans ces conditions, demander aux citoyens un comportement digne, honnête, réfléchi, respectueux des lois et des institutions, si nos politiciens montrent d’aussi mauvais exemples par leur comportement ?

La recherche du pouvoir, l’affrontement des égaux, aboutit à des conflits, où certains n’hésitent pas à utiliser l’influence et la puissance de leurs alliés, et en arrivent à abuser de leur pouvoir. Tous les moyens sont bons : les passe-droits, le copinage, les injustices, les malversations, la mauvaise foi, les tricheries plus ou moins proches de la légalité, les erreurs, les oublis, les manipulations oratoires, les tromperies, tout cela devient monnaie courante. Certains, à juste titre, veulent qu’on respecte les règles et les institutions de leur parti. Mais comment peut-on affirmer cela ? Comment peut-on obéir aux règles, quand on découvre que ceux qui sont les garants et les gérants des institutions, ont commis des « erreurs » et sont soupçonnés d’avoir trafiqué les résultats et l’organisation du scrutin ?

Défendre une institution, qui gère les rapports entre les citoyens, est une attitude légitime, constructive et saine. Cependant, les institutions sont gérées par des responsables qui peuvent commettre des erreurs. Il n’y a rien de mal à corriger les erreurs, bien au contraire. Par contre, maintenir une erreur, sous prétexte que certains responsables de l’institution ne veulent pas la corriger, cela constitue une attitude malveillante et malhonnête, qui discrédite l’institution en elle-même.

C’est pourquoi, pour corriger ces erreurs qui sont antidémocratiques, il serait indispensable que de nouvelles élections soient organisées. Pour garder la tête haute, pour ménager son ego, l’être humain a tendance à vouloir avoir raison et à ne pas reconnaître ses erreurs. Cette attitude peut devenir extrêmement destructrice et malhonnête. Savoir se remettre en question, augmenter son niveau de conscience, est une preuve de sagesse et constitue un comportement salutaire pour soi et pour la société. Vous trouverez des éléments très utiles à ce sujet dans mes livres : « Le chemin de la libération » et « Pour un monde où il fera bon vivre ».