Entretien du 5 février 2013 : Un monde de plus en plus violent, de plus en plus agressif

Que pensez vous de ce monde de plus en plus violent et de plus en plus agressif dans lequel nous vivons ? Les conflits se multiplient, la qualité de vie diminue.

Question d’un lecteur :

Que pensez vous de ce monde de plus en plus violent et de plus en plus agressif dans lequel nous vivons ? Les conflits se multiplient, la qualité de vie diminue, le nombre de chômeurs et la pauvreté augmentent, la délinquance, les incivilités, les agressions en tous genres, les arnaques, les vols et les piratages s’accroissent sans cesse, les tueries se propagent jusque dans nos écoles, où nos enfants ne sont plus en sécurité. L’avenir apparait de plus en plus sombre et in-sécurisant. Que préconisez-vous pour faire diminuer cette violence et pour construire un monde meilleur ?

– Réponse de Philippe Morando :

Je n’ai pas pour but d’imposer quoi que ce soit à quiconque. Je conseille et prône avant toute chose la non violence et incite chaque citoyen à avoir une attitude responsable, faite d’ouverture d’esprit, de respect de soi et des autres.

Rien de constructif ne peut surgir de la violence, de la contrainte, de l’abus de pouvoir ou de l’exploitation de l’homme par l’homme. Profiter de sa force physique, de sa force politique, de sa force idéologique, pour soumettre les autres, ou les entrainer malgré eux, n’a jamais historiquement apporté la paix ni le bien être. Tous ceux qui ont agi par la contrainte, par la violence, ont eu une vie de souffrance, qui a toujours fini par un choc en retour violent. Quand on a la chance d’avoir la force et le pouvoir de son côté, la sagesse serait d’en profiter pour élever la conscience de l’ensemble des êtres humains, afin qu’une organisation politique nouvelle, faite de respect et de paix, soit le point de rassemblement de tous. Et ceci, quelles que soient l’orientation politique et religieuse de chacun.

Nous oublions trop souvent que nous sommes tous créateurs de notre destinée, par nos pensées, nos paroles et nos actes. Nous sommes tous tellement livrés à nos instincts, à nos automatismes, à nos croyances et à nos programmations mentales, que nous sommes tous très PRÉVISIBLES. Nous répétons les mêmes scénarios mentaux et comportementaux à longueur de vie. Notre niveau de conscience et de maitrise de soi est si faible, pour l’ensemble d’entre nous, que nous subissons notre état mental et que nous nous soumettons à nos pulsions, même quand nous raisonnons. Nous sommes tous des «malades» de nos égos, de nos habitudes, de nos croyances. Moi même, je suis loin d’avoir suffisamment de conscience, pour vivre sans la moindre souffrance et sans la moindre erreur.

En réfléchissant bien, nous pouvons conclure la chose suivante : nous ne pouvons recevoir de violence que de la part de quelqu’un qui souffre, qui n’a rien compris à son mal être et qui se contente de se purger de sa souffrance sur les autres. Pour les mêmes raisons, vous ne pouvez pas recevoir de violence ou d’agressivité de la part de ceux qui ont suffisamment de conscience et de paix en eux-mêmes. Nous ne pouvons donner que ce que nous avons en nous. De ce fait, si nous sommes remplis de violence, de souffrances, de peurs, d’extrémismes, nous aurons toujours tendance à exporter nos conflits intérieurs sur les autres, par une attitude agressive, revendicative et imprégnée de haine.

Par conséquent, vous comprenez pourquoi j’insiste tant sur une formation à la conscience, à raison d’une heure par semaine, dans toutes nos écoles publiques et privées, de la maternelle à l’université et aux grandes écoles.

Actuellement, nous ne faisons qu’agir en aval, après coup, quand le mal est fait, pour réparer dans l’urgence les conséquences de nos erreurs. Nous multiplions les caméras de vidéo surveillance, nous créons de plus en plus de polices privées, nous dépensons des sommes incroyables en systèmes de sécurité et nous mettons en place de plus en plus de policiers pour déjouer les actions de citoyens perturbés. Aux Etats-Unis, les parents d’élèves exigent la présence de policiers dans les écoles.

De la même manière, bien souvent, nous ne faisons qu’agir en aval avec notre propre santé. Nous soulageons notre souffrance en prenant des calmants, sans chercher à soigner la véritable cause de nos souffrances. Cette attitude est typique d’un bas niveau de conscience.

Nous faisons au niveau collectif les mêmes erreurs qu’au niveau individuel. Nous faisons du rafistolage et de la politique à la petite semaine. Nous ne cherchons pas à réparer ni à guérir la source de nos problèmes. Par conséquent, ne nous étonnons pas que nos problèmes persistent et se reproduisent. Il est urgent de comprendre que c’est uniquement en agissant en amont, à la source même du processus, que nous arriverons vraiment à construire un monde meilleur, où nous aurons plaisir à vivre. J’ai développé ces notions de formation à la conscience dans mes livres : « Pour un monde où il fera bon vivre », « Le chemin de la libération« , »La liberté retrouvée« , « Cours de formation à la conscience active » et « Cours d’ATP ».