Entretien du 22 février 2013 :  « Mesures politiques inefficaces »

Pourquoi nos gouvernants, nos députés, de droite comme de gauche prennent-ils bien souvent des décisions, qui n’ont quasiment aucune efficacité sur la crise ?

– Question d’un lecteur :

Pourquoi nos gouvernants, nos députés, de droite comme de gauche, et même nos responsables du rectorat, prennent-ils bien souvent des décisions, qui n’ont quasiment aucune efficacité sur la crise ? Depuis plusieurs décennies, nos politiques font des lois pour diminuer la violence…mais finalement la violence augmente sans cesse ; nos politiques font des lois pour diminuer le chômage…mais finalement le chômage augmente sans cesse ; nos politiques font des lois pour diminuer la pauvreté…mais finalement la pauvreté augmente sans cesse.

– Réponse de Philippe Morando :

Tout d’abord, je pense que la grande majorité de nos responsables politiques sont persuadés qu’ils prennent les mesures qui conviennent. Qu’ils soient de droite ou de gauche, ils cherchent sincèrement à satisfaire leurs électeurs car ils se doivent de leur donner au moins l’impression qu’ils font le maximum. Ainsi, ils pourront êtres réélus. Pour cela, ils prennent des décisions, ils font voter des lois, qui sont censées solutionner le problème et plaire à leurs électeurs.

Mais c’est bien souvent sous la pression de la rue, sous la pression des medias, que nos dirigeants agissent. Ils ne font bien souvent que réagir face à des faits, qui ne sont que des symptômes apparents d’un mal être plus profond. Ils interviennent dans l’urgence, en aval, pour colmater provisoirement un problème mais sans agir en amont à la source, pour que ce problème ne se représente plus.

Pour bien comprendre ce qui se passe au niveau de la nation, observons ce qui se passe au sein d’une famille. Est-ce que les parents attendent que leurs enfants deviennent des délinquants, pour se préoccuper du genre d’éducation qu’ils doivent leur donner ? Peut-être que certains parents s’en moquent éperdument mais nous connaissons très bien les conséquences de ce genre de négligence. Est-ce que les parents attendent d’être gravement endettés, pour prendre des mesures et réduire leur train de vie ? Est-ce que les parents favorisent injustement certains enfants par rapport à d’autres, sans créer de sérieux conflits, sans rendre certains enfants malades, sans entrainer une atmosphère d’agressivité quasi permanente à la maison ?

Au niveau familial, chacun comprend très bien qu’il faut un chef éclairé (les parents), et qu’il faut par moments prendre des décisions, qui peuvent frustrer ou contraindre ou qui ne sont pas toujours agréables à suivre. Nous comprenons au niveau de la famille que l’insouciance, le laisser-aller, l’injustice, l’agressivité, le manque de conscience sont nuisibles. Nous comprenons également, que le respect des règles par tous les membres de la famille, sans exceptions, sans passe-droits, sans abus de pouvoir, est fondamental. Toutes ces conditions de fonctionnement sont absolument indispensables, pour avoir une vie de famille agréable, sereine et sécurisante. C’est exactement la même chose au niveau collectif pour la nation et nos gouvernants. Or, nous constatons encore trop souvent beaucoup d’égoïsme, d’injustices, de privilèges, de passe-droits et d’abus de pouvoir qui minent nos gouvernements et notre société. Et nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes car nous avons les gouvernants que nous méritons. C’est nous qui les avons élus et ils sont le reflet de nos propres attitudes dans la vie.

Nous voulons très égoïstement obtenir le maximum d’avantages, sans faire de concessions vis-à-vis des autres. Nous cherchons toujours à tirer la couverture à nous et nos gouvernants font la même chose. Ils ne changent de politique et d’attitude que sous la contrainte, comme nous le faisons au niveau individuel. En ce qui concerne notre santé, par exemple, nous commençons à nous en préoccuper, la plupart du temps, qu’à partir du moment où les conséquences de nos mauvais comportements nous causent de graves troubles de santé. En attendant, nous remettons bien souvent au lendemain nos décisions…quand nous en prenons.

Nos responsables du rectorat pourraient prendre des décisions importantes pour l’éducation de nos enfants. Ils pourraient mettre en place facilement, sans dépenses particulières, une formation d’une heure ou deux par semaine sur la conscience, sur les bases fondamentales, sur les racines du mal qui rongent la société. Or, que font-ils ? Ils donnent à nos enfants une formation avec quelques éléments de morale, une morale que les élèves et même certains parents peuvent facilement contester, critiquer ou ignorer car trop superficielle.

En effet, ce n’est pas tout de dire : « tu ne dois pas voler, tu ne dois pas tricher, tu ne dois pas agresser, etc. ».Tout  le monde sait qu’il y a des lois qui condamnent cela et pourtant certains, de plus en plus nombreux, enfreignent les lois. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas véritablement compris une chose essentielle, c’est que, même sans ces lois, le vol, l’escroquerie, la violence, correspondent à des attitudes mentales et comportementales hautement nuisibles, qui enferment l’individu dans un processus de destruction. Certes, le voleur, l’escroc, l’agresseur nuisent à la victime, nous le savons tous, mais ce que nous avons tendance à ignorer ou à sous-estimer, c’est qu’ils se nuisent également à eux-mêmes. Ils sont entrainés dans un piège qui se referme sur eux. Ils deviennent prisonniers d’un comportement qui attire sur eux de plus en plus d’événements négatifs, qui ruinent leur bien-être quotidien et celui des autres.

Nous pouvons donc constater combien la morale est une discipline délicate et complexe, qui comporte de nombreux écueils sur le plan de son contenu et de sa transmission. Bien que nous ayons des enseignants de grande valeur, ils n’ont pas la formation nécessaire pour transmettre la morale dans de bonnes conditions. En outre, celui qui transmet la morale se doit d’être un bon exemple : avoir une maitrise suffisante de lui-même, une pratique naturelle de la méditation et de la relaxation, et une attitude suffisamment constructive face aux difficultés qui peuvent survenir au contact des enfants. Ainsi, l’enfant tout imprégné des notions fondamentales, pourra avec plaisir agir d’une manière respectueuse.

Pour bien comprendre l’énorme différence entre la morale enseignée jusqu’à ce jour dans les écoles et celle que je préconise, vous pouvez consulter mon « Cours de formation à la conscience active » et mon « Cours d’ATP ».