Attention aux pièges !

Lorsque nous sommes satisfaits du conseil, du comportement de quelqu’un, ou du plaisir, du bienfait que nous apporte cette personne, notre mental met en place des programmations, des règles qui sont censées améliorer notre quotidien, améliorer notre système de survie.

Nous établissons par exemple une règle, qui stipule que Mr X ou Mme Y nous est favorable et que nous pouvons lui faire confiance systématiquement.

Cette règle semble vraie car elle s’applique dans le cas d’un événement, d’une expérience que nous avons vécus, mais cette règle est-elle vraie systématiquement ? Là est le problème…

Nous généralisons, nous faisons des amalgames.

Les règles, que nous établissons, sont là pour nous permettre de faire plus facilement des choix et prendre des décisions efficaces, pour notre survie, pour notre bien-être.

Notre mental, par sa manière de faire, utilise des moyens que les scientifiques eux-mêmes emploient. Notre mental est en quelque sorte le premier scientifique historiquement parlant. Il établit des règles, comme le scientifique établit des théories, des théorèmes.

Cela dit, un scientifique digne de ce nom ne se contente pas d’établir une théorie, sous prétexte que quelques événements confirment la théorie. Il vérifie que tous les événements confirment sa théorie. De plus, le scientifique digne de ce nom reste ouvert à toute amélioration de sa théorie,  il ne se laisse pas aller à croire qu’elle est parfaite.

Cela dit, bon nombre de scientifiques ne se comportent pas en vrais scientifiques. Ils se laissent entrainer par un comportement fanatique, aveuglés par leurs croyances en certaines règles.

Le problème du mental, c’est qu’il se comporte bien souvent en mauvais scientifique. Il a tendance à systématiser à l’extrême, à faire des amalgames. Il va complètement occulter le fait qu’il puisse y avoir des infractions à la règle. Et qu’il puisse y avoir des règles plus précises, plus conformes à la réalité. Il écarte bien souvent complètement la possibilité qu’une règle établie soit une erreur. Donc, une règle peut nous induire en erreur. Elle peut se vérifier dans certains cas et pas dans d’autres.

Bien sûr, une règle peut permettre une première approche de la réalité et régler  par exemple 80% des situations, des événements. On oublie alors que dans 20% des cas, la règle ne s’applique pas. A ce moment là, il y a danger et nous sommes piégés.

Il est donc important de considérer les règles comme un instrument, comme une aide pour nos décisions, et rester ouverts à d’autres règles plus justes, plus exactes. Croire qu’une règle est parfaite et qu’elle s’applique systématiquement, c’est tomber dans le fanatisme, dans le sectarisme.

Pourquoi avons-nous autant tendance à croire que nos règles, nos principes idéologiques, politiques, religieux sont parfait, sans failles ? Tout simplement parce que nous avons bien souvent d’autres règles, d’autres croyances encore plus fondamentales, qui consistent à éviter toute souffrance, toute contrariété.

En effet, croire que nos règles sont fragiles, sujettes à l’erreur, peut être angoissant et même insupportable. Avoir des certitudes est bien plus rassurant. L’être humain ne supporte pas de se tromper. Il craint une sanction dont il ne connait pas l’origine et qui peut l’atteindre à tout moment. Psychologiquement, il se sent coupable. La tentation alors est grande de ne pas vouloir voir plus loin, de se contenter de règles imparfaites et de les affirmer parfaites.

Se mettre la tête dans le sable, refuser de voir la réalité en face, est dangereux et pourtant, c’est ce que font la plupart des êtres humains. Nous le constatons en particulier quand on observe la vie politique et le comportement des citoyens, qu’ils soient députés ou électeurs.

Tout cela, toute cette manière de penser et d’agir est le reflet de notre niveau de conscience. Nous avons tous tendance à croire que nous avons atteints un niveau de conscience suffisant. Nos règles, nos croyances peuvent nous être utiles. Malheureusement, nous avons tendance à devenir dépendants de nos règles et de nos croyances et nous renonçons à notre libre arbitre, à notre ouverture d’esprit.

Dans mes deux ouvrages sur la conscience, « Sur le chemin de la libération » et « La liberté retrouvée », je développe la technique de l’ATP, qui est un moyen efficace d’augmenter notre niveau de conscience. A notre époque, aussi troublée, le manque de conscience apporte beaucoup de malheur car nos décisions de vote ont une lourde conséquence. Nos politiciens, manquant souvent de conscience eux-mêmes, nous entrainent par leur décisions, à vivre de plus en plus  dans la violence, dans l’agressivité, dans le fanatisme.